Textes de Claude Viallat Coupé, le papier

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Textes de Claude Viallat Coupé, le papier

Coupé, le papier…

Coupé, le papier ne reconnaît plus le ciseau.
La peinture est une permanence au même titre que les saisons.
L'interforme crée la forme et la forme l'interforme, les deux se communiquent, s'interchangent, se valorisent, se détruisent.
Le peintre n' a pas besoin de justifier d'un savoir mais de mettre en évidence et en pratique ; il n'est pas un illusionniste, un créateur de phantasmes, un montreur d'images ; il lui faut, à l'intérieur d'un langage, parler une langue autre, en établir le vocabulaire – immédiatement perceptible – et les possibilités de communication.
Déconstruction, cela demande, dans un premier temps, de faire un inventaire complet des diverses données, de les mettre en cause directement, de les envisager différentes, et de les expérimenter différentes.
Le savoir n'est plus alors qu'une curiosité ou un raisonnement.
La notion de redites, de séries ou de répétitions, devient une nécessité de fait.
La signification n'est plus le déchiffrage d'une " production " mais le déséquilibre d'un système.
La récupération des images est un faux problème.
Une toile – pièce – seule n'est rien, c'est le processus – système – qui est important.
De même que les idées se pensent dans la langue, la peinture doit se penser dans ses moyens.
Elle ne doit pas être un fétiche, mais une arme.
L'objet crée l'espace et l'espace l'objet, les deux se communiquent, s'interchangent, se valorisent et se détruisent.
La mise en situation – présentation – est un problème, le résoudre par une interdépendance totale porte en soi sa dépendance, valorise l'objet.
Un inter-échange s'instaure, quels que soient le lieu, les conditions et la manière, entre le " cadre " de présentation et l'œuvre ; la difficulté est de rendre celui-ci – l'inter – échange – le plus neutre possible.
Donner à la peinture la même importance qu'à un tract.


Ne pas prendre ce travail comme une fin en soi, comme une somme aboutie de vérités figées. Limité dans le temps, partiel, il ne bénéficie que de l'éclairage restreint d'un relatif et inexistant recul.
Voir ici l'amorce d'un travail dialectique fait de l'intérieur de l'œuvre déjà commencée et qui va se poursuivre au fur et à mesure que son développement proposera d'autres éclairages.
Travail jusqu'à présent sans progrès interne, chaque texte étant en soi et partie d'autres textes, de même que chaque toile est en soi fin et commencement, développement d'équivalences en équivalences, s'opposant, se complétant, se modifiant, chacune étant acceptée dans les qualités qui sont son évidence et qui la définissent et la proposent.
Travail non basé sur l'expressivité mais sur le mot comme véhicule d'idées à découvrir ( dé-couvrir ), sur l'image acceptée comme résultat nécessaire de travail et non comme fin. Travail, sur l'adéquation polymorphe de l'acte qui traduit quelle que soit la manière dont on le propose, sur les traces qu'il laisse et sur le véhicule de ces traces image du travail.
Textes, toiles, dessins sont un tout qui peut trouver son sens dans sa somme, sa globalité…




Claude Viallat




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